Critères de Barcelone

Vue d’ensemble

Réduire les principales causes de faux positif (FP) dans les résultats de la Marqueurs tumoraux, Société Espagnole de Biochimie Clinique et de Pathologie Moléculaire, Commission des Biomarqueurs du Cancer, a établi 4 critères (appelés critères de Barcelone):

  1. Évaluation des concentrations sériques de marqueurs tumoraux.
  2. Rejet des pathologies bénignes comme principale source de faux positifs.
  3. Recommandation de suivi si les marqueurs tumoraux montrent des résultats modérés (zone grise/indéterminée).
  4. Élimination des interférences techniques.

Critères

Évaluation des concentrations sériques de marqueurs tumoraux

Les taux sériques de la plupart des marqueurs tumoraux, observés en l’absence de néoplasie, sont généralement faibles ou modérés. Plus la concentration d’un marqueur tumoral détectée chez un patient est grande, plus la probabilité d’être une tumeur maligne est grande.

Par exemple, des taux d’ESN inférieurs à 40 ng/ml peuvent être détectés dans de nombreuses maladies bénignes, mais des niveaux supérieurs à cette valeur indiquent une probabilité élevée de cancer ou d’hémolyse. La même chose se produit avec des concentrations de CA 125 et/ou de 19,9 supérieures à 1000 U/mL ou des valeurs de CEA supérieures à 25 ng/mL, ce qui indique une probabilité de tumeur maligne supérieure à 95%.

Veuillez noter que la négativité des marqueurs tumoraux n’exclut pas à 100% la possibilité d’une tumeur épithéliale maligne.

Élimination des pathologies bénignes comme principale source de faux positifs

En cas d’augmentation d’un marqueur tumoral, il faut exclure l’existence de certaines pathologies bénignes susceptibles de l’augmenter.

La plupart des marqueurs tumoraux sont catabolisés dans le foie et excrétés par les reins. Les altérations de ces organes entraînent moins de catabolisme et/ou d’élimination et entraînent indirectement leur accumulation, avec des valeurs supérieures à la plage considérée comme se situant dans les limites de la normalité.

La majorité des marqueurs tumoraux (CA 125, CEA, CYFRA ou ProGRP, entre autres) présentent des augmentations modérées (entre 2 et 4 fois la limite supérieure de l’intervalle de référence) chez les patients atteints de cirrhose du foie ou d’insuffisance rénale.

Par ailleurs, certains marqueurs tumoraux chez les patients présentant une insuffisance rénale peuvent atteindre des concentrations sériques similaires à celles trouvées en présence d’une néoplasie et ne peuvent donc pas être utilisés chez ces patients, comme dans le cas des cellules SCC, S-100 ou HE4.

En outre, différentes altérations dans les tissus produisant un marqueur tumoral spécifique peuvent également augmenter leurs niveaux, généralement de manière modérée (en fonction de la gravité de la lésion), comme c’est le cas du PSA en présence de prostatite ou d’hypertrophie bénigne de la prostate, ou du CEA avant la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn.

Parfois, les augmentations peuvent également être si élevées qu’elles nécessitent des niveaux très élevés pour le diagnostic différentiel, comme cela se produit avec le CA 125 en présence d’épanchements, principalement avec des lésions mésothéliales, ou rendant son utilisation impossible, comme dans le cas du SCC pathologie dermatologique, telle que le pemphigus ou le psoriasis.

Enfin, il existe également des causes mixtes de faux positifs, comme dans le cas de la CA 19.9 dans les maladies chroniques du foie avec jaunisse, ou dues à la stimulation par divers médicaments, comme dans le cas de la CA 72.4.

Recommandation de suivi si les marqueurs tumoraux montrent des résultats modérés (zone grise/indéterminée)

La découverte de niveaux élevés de toute MT, pris isolément, a une valeur limitée.

En cas de doute sur un résultat, deux ou trois déterminations en série doivent être effectuées (contrôle évolutif) avec un intervalle de temps supérieur à sa demi-vie plasmatique (15 à 20 jours pour la plupart des marqueurs tumoraux). Si le nombre de marqueurs tumoraux augmente constamment (>50%) avec le temps (au-dessus du niveau élevé de la plage de référence), on peut dire qu’il est très probable qu’il soit d’origine tumorale, car ils reflètent la croissance. de la tumeur.

D’autre part, si les taux sériques ne changent pas ou ont tendance à chuter, il faudra en rechercher l’origine dans une autre pathologie non néoplasique.

Élimination des interférences techniques

C’est un point qui devient de plus en plus pertinent à mesure que le nombre de tests de marqueurs tumoraux basés sur des tests immunologiques augmente. Les raisons peuvent être dues à: un manque de spécificité de l’anticorps; effet crochet (High-dose hook interference), réactions croisées avec d’autres molécules; ou la présence d’anticorps hétérophiles.

De plus, il faut vérifier que les échantillons ne présentent pas d’hémolyse, d’ictère ou de lipémie, car ces conditions peuvent également affecter différents marqueurs tumoraux.